centre orthos epaule, genou, hanche Michel Assor chirurgien orthopedique chirurgie de l'arthrose et du sport

COMMUNICATION À LA
SOCIETE FRANCAISE D’ARTHROSCOPIE : TOULOUSE 3-4-5 DEC 2003

Dr Michel Assor, Marseille, France
Centre Orthos
427 rue paradis, 13008 Marseille

Introduction : De nombreuses publications ont présenté des résultats encourageants des réparations des défects chondraux par les techniques de réparation du cartilage : microperforations, transplantation autologue ostéochondrale (mosaïcplasty), et implantation de chondrocyte autologue. Cependant, les données concernant l’arthrose fémoropatellaire ou le défect cartilagineux de la trochlée sont peu publiées.

Nous rapportons les résultats à long terme de 42 patients (42 genoux) avec défect cartilage trochléens et rotuliens traités par libération latérale rétinaculum arthroscopique et microperforations trochléennes.
Matériels et Méthodes : 42 patients ont été suivis et évalués rétrospectivement à un minimum de 4 ans (4-8 ans). Les résultats du traitement ont été mesurés en utilisant la fiche IKDC.
Il s’agit de 42 genoux. La moyenne d’âge était de 36 ans (rang 20-53). La même technique opératoire a été utilisée : lateral release retinaculum élargie de la rotule (réaxation-décompression rotule), poursuivi jusqu’à libération externe du tendon rotulien, avec dédoublement de quelques millimètres de la partie latérale du vaste externe, réalignement des parties molles, débridement des lésions cartilage rotulien et trochléen, résection d’ostéophytes éventuels, 4 microperforations en moyenne (de 3 à 6) de la lésion trochléenne (procédure de stimulation spongieuse).
Les patients avec arthrose fémoro-tibiale étaient exclus : le stade I à II de la classification ICRS était acceptés, traités dans le même temps par débridement.
26 patients (62 %) étaient des hommes ; 47 % pratiqués du sport à haut niveau, ou fréquemment
et 35 % occasionnellement.

Les causes du défect ostéochondral étaient traumatiques dans 22 genoux (52 % ), arthrosique (chondromalacie) sur malposition (maltracking) de la rotule dans 19 genoux (45 %), ostéochondrite disséquante dans un cas (3 %).
33 % (14 patients) avait une chirurgie avant la procédure de stimulation spongieuse : arthroscopie et débridement, latéral release dans 16 % des cas (7 patients), mais avec récidive du maltracking de la rotule par la formation des adhérences rétractées latéro-rotuliennes chez 5 patients (12 %).
Les radiographies et scanners pré-opératoires avaient révélé un grade 0 (normal) dans 76 % des cas (32 patients), et un grade 1 (sclérose et pincement 1-2mm) dans 24 % des cas (10 patients) ; mais 37 patients (88 %) avaient des signes d’hyperpression fémoro-patellaire externe : bascule ou subluxation externe de rotule ; 17 patients (41 %) étaient normoaxés, 18 (43 %) avaient un alignement en varus modéré (jusqu’à 5°), 7 (16 %) avaient un valgus (4-7°)

Résultats : Le défect trochléen était classé III ou IV ; 17 patients (40,5 %) avaient un seul défect trochléen : la taille moyenne était de 2,5 cm2, toujours associé à une chondrite I ou II de la rotule ;
25 patients (59,5 %) avaient de multiples lésions au niveau rotule et trochlée, dont la surface totale moyenne était de 4,5 cm2. La bascule externe de la rotule était confirmée chez les 37 patients (88 % des cas), mais existait aussi de type dynamique chez 3 patients (7 % des cas), chez 2 patients (5 %), elle était centrée.
Tous les patients sauf 2 (5 %), incluant le groupe des 14 patients ayant eu une chirurgie préalable, avaient leurs rotules centrées (Clinique et RX) après l’intervention.
Le score fonctionnel subjectif IKDC pré-opératoire moyen était de 39,2 (rang 36,7-42,5) ; en post-opératoire, au suivi final de 4 ans minimum (4-8 ans), il était en moyenne de 82,8 (rang 73,5-90,8) : amélioration significative moyenne de 43,6 points de tous les paramètres subjectifs mesurés (P<0,001). Parallèlement, le score objectif IKDC d’évaluation finale était de : 39 patients (93 %) de niveau normal ou presque normal, 3 patients (7 %) de niveau anormal, incluant les 2 patients avec récidive du maltracking de la rotule (bascule externe), par adhérences latérales, dont un seul a été repris par arthroscopie pour résection d’adhérences, avec un niveau presque normal. Les crépitations antérieures étaient inexistantes ou modérées chez 37 patients (88 %) ; elles étaient anormales avec douleurs discrètes chez 5 patients (12 %). Une différence significative dans l’amélioration du score était vue lorsque la rotule était centrée et décomprimée.

Conclusion : La technique de microperforation est une solution chirurgicale efficace pour le défect chondral de la trochlée ; cette efficacité est aussi attribuée à la correction biomécanique simultanée du malalignement (maltracking) rotulien, et au débridement des lésions cartilagineuses rotuliennes. Les scores de satisfaction des patients, subjectifs et fonctionnels, ont montré le succès de cette procédure, avec un taux d’échec et de reprise arthroscopique minimal. La collection des données se poursuit, avec extension de la technique pour le traitement des lésions dégénératives (arthrose IV) fémoro-patellaire.

   

 

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